Après l’interview de Julien Nicolas VIP, voici une tinterview de Yann Raoult, agent immobilier au Québec. Priximmo recueille ainsi l’avis d’un passionné de l’immobilier.
Le blog de Yann : http://toutlimmobilierenquelquesclics.wordpress.com/
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1- Peux-tu nous présenter ton activité, ton rôle et ton périmètre ?
Comme le dit l’expression, « je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit » : J’ai été piqué par l’immobilier à l’adolescence et je savais déjà que j’y ferai ma carrière. En 1997, à 21 ans, je me suis lancé et comme je suis de nature assez autodidacte, j’ai rapidement trouvé les clés qui permettent de réussir dans ce domaine. Jusqu’en 2004, j’ai été négociateur au sein d’une agence immobilière dans l’ouest Parisien puis j’ai évolué vers la formation et l’encadrement d’équipes commerciales (toujours en agence) jusqu’en 2007.
Pendant ces années là, mon périmètre d’action était très local se résumant à une ville et quelques unes environnantes. Je pense d’ailleurs que c’est une des clés du succès en immobilier : Être un spécialiste dans son secteur.
Dès 2006, j’ai senti le vent tourner : les acheteurs éprouvaient de plus en plus de mal à financer leurs projets d’acquisition, les délais de vente des propriétés commençaient déjà s’allonger et les négociations de prix étaient de plus en plus ardues. A cette époque, dans mon environnement professionnel, j’étais un des rares à penser que des temps difficiles étaient à notre porte.
2- Comment pour toi s’est caractérisée la hausse de l’immobilier dès années 2005 et suivantes ?
Malgré cela, moyennant davantage de travail, les années 2005-2007 sont restées excellentes tout comme les années précédentes.
Le dernier semestre 2006 à tout de même été crucial pour moi : Je voulais partir ma propre affaire soit en créant une agence immobilière ou effectuer des opérations de marchands de bien. En tout cas j’avais envie de changement après 10 ans de bons et loyaux services pour ce groupe immobilier.
Finalement, en août 2007, j’ai quitté la France pour m’installer à Montréal (Canada), que j’avais découvert pendant mes études en 1996. C’est là que mon expérience du marché diffère de ceux qui sont restés en France.
3- De la même manière pour la baisse des 2 dernières années ?
En effet, même si à l’été 2008, je sentais toujours qu’il allait se passer quelque chose, nous avons été très épargnés par la crise mondiale au Québec par rapport au reste du Canada (je dis souvent avec le sourire que le Québec est un irréductible village Gaulois). D’un point de vue immobilier, on a connu un ralentissement des transactions au premier trimestre 2009 mais tout est reparti de plus belle depuis et nous vivons ici les belles années immobilières connues en France entre 2000 et 2007.
Pour nuancer cela, c’est la construction neuve qui a souffert en 2009 et j’avais les pieds dedans car je suis aussi entrepreneur général de construction (résidentiel neuf).
Selon moi, plusieurs facteurs ont permis de limiter la casse : Les taux d’intérêts sont descendus à un niveau historiquement bas et le Québec n’avait pas subit les mêmes hausses vertigineuses de prix qu’ailleurs au pays. Donc pendant que le reste du Canada connaissait des baisses drastiques comme en France, le Québec faisait son rattrapage et s’ajustait à la hausse au niveau des grandes villes Nord-Américaines. D’un autre côté, le mode de fonctionnement de l’industrie immobilière Nord-Américaine y est aussi pour quelque chose dans cette embellie par rapport au système Français.
3- Le marché doit il encore corriger pour mieux repartir par la suite, sur des bases plus saines ?
Le marché en valeur et en volume se corrigera de lui-même par contre les professionnels ont une importante remise en question à entreprendre et un gros travail à faire !
En France, les agences immobilières sont isolées, ne collaborent pas ou peu entre elles et leurs collaborateurs ne profitent que peu de formation. C’est un métier qu’on apprend principalement « sur le tas ».
En Amérique du Nord, des cours sont obligatoires pour accéder à la profession sanctionnés par 2 examens : Les agents ont un bon bagage pour démarrer, informer leurs clients de façon éclairée et la formation continue est obligatoire sur un certain nombre de sujets.
Quant au système de travail, tous les agents ont l’obligation de collaboration entre eux par l’intermédiaire du système MLS/SIA. Toutes les propriétés sont en exclusivité et l’agent qui a le mandat défend les intérêts de son vendeur. L’avantage certain pour l’acheteur est qu’il a UN SEUL agent qui s’occupe de lui dont le travail est de défendre les intérêts de son client. En clair, plus besoin de pousser la porte de chaque agence pour répéter la même chose !
Je voudrais ajouter que ce ne sont pas les patrons d’agences immobilière qui font le « boulot », se sont leurs collaborateurs ! Tous les jours ce sont eux qui sont en première ligne avec les clients. Donc pour ses derniers, il faudrait vraiment un meilleur mode de rémunération qui permette de viser une meilleure volonté de performance et aussi la responsabilisation de leurs actes (seul le patron d’agence est responsable des fautes). La crise s’est déjà occupée d’éliminer les moins professionnels d’entre nous !
En résumé, pour la France, pour que les choses aillent mieux, de façon pérenne et afin d’améliorer notre image vis-à-vis du public : COLLABORATION, RESPONSABILISATION et FORMATION !
4- Depuis 15 ans il y a un réel engouement pour l’immobilier, pourquoi ?
Que l’on soit investisseur on que l’on achète pour se loger, la pierre a toujours été une valeur fiable et on voit bien qu’à long terme les prix suivent le niveau de l’inflation : On ne perd pas d’argent. Je voudrais ajouter qu’on y trouve aussi bien plus de contrôle par rapport aux marchés financiers dans lequel le client moyen devra toujours faire confiance à une tierce personne pour naviguer dans ce milieu bien spécifique. Pour l’achat d’une propriété, il est bien plus simple de comparer, de se faire une idée sur le marché et de se décider en toute connaissance de cause.
5- Te préoccupes tu du marché mondial et notamment US et chinois, on parle d’une bulle pour ce dernier ?
Evidemment, surtout concernant le marché Français et le marché Américain.
Le marché Français car beaucoup de mes clients sont originaires de France et je dois naturellement me tenir au courant pour savoir ce qu’ils vivent et le marché Américain car c’est notre voisin direct.
6- Comment vois-tu le site immobilier du futur ?
Le site immobilier du futur est en train de se créer aujourd’hui ! 2009-2010 a vu naître de très nombreuses innovations :
- La transparence des annonces avec les Lyonnais de www.weezim.com
- La possibilité pour le consommateur de comparer les offres de service des agences avec le site des frères Cerise : www.mis-en-contact.com
- La volonté de collaboration interagence avec le site de Olivier Casado : www.dealeg.com (qui existe déjà depuis plusieurs années)
- Les nombreux blogs d’informations qui ont vu le jour : http://toutlimmobilierenquelquesclics.wordpress.com/ que j’alimente régulièrement ou encore l’utilisation des réseaux sociaux : Facebook, twitter, linkedin.
D’ailleurs le blog de Florian Mas, www.immobilier2.0-le-blog.com/, explique à merveille ce nouveau monde !
D’après moi, le site du futur est à la croisée des chemins de toutes ces technologies afin d’apporter une solution simple, complète et claire aux consommateurs.
7- Un dernier mot ?
Merci de m’avoir invité pour m’exprimer sur ce sujet qui me passionne !
Merci à toi Yann et bonne continuation, que ta passion te mène à la réussite.
http://prix-immobilier.info/2010/06/interview-de-yann-raoult-agent-au-quebec/